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Je la pris près de la rivière

Je la pris près de la rivière 49-nu-artistique-22679
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis…
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers

Federico Garcia Lorca.

Rédigé le 29/07/2010 dans Poésie érotique | Lien permanent | Commentaires (20)

Lettre à Alfred de Musset

Je suis très émue de vous dire que j’ai Dyn003_original_450_338_pjpeg_389_ee11e2990ab052ca7c9d44c6bddb460b
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre.

Georges Sand.

Rédigé le 28/07/2010 dans Correspondance | Lien permanent | Commentaires (13)

Ma queue éclatait sous tes lèvres

Ma queue éclatait sous tes lèvres 17-nu-artistique-18765
Comme une prune de Juillet
La plume au vent qu’on taille en rêve
N’est pas plus folle je le sais
Que la volage aux amours brèves

 Il me souvient de Félicie
Que je connu le jour de Pâques
Et dont la moniche roussie
S’ouvrait en coquille Saint-Jacques
De septembre à la fin Avril

 Il me souvient de la Dona
Qui
faisait l’amour en cadence
Et dont la figue distilla
Un alcool d’une violence
Mais je ne vous dit que cela.

Guillaume Apollinaire.

Rédigé le 27/07/2010 dans Poésie érotique | Lien permanent | Commentaires (7)

Lueur, douceur du ciel

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A madame X...

Rédigé le 26/07/2010 dans Photo | Lien permanent | Commentaires (8)

A contre vent

Eroder le jour éthiopie
A la force des lunes
Souligner le ciel
A la clarté des étoiles

Comme un souffle
Sur le vide
Comme une flamme
Sur la cime

Regarder vos âmes
Se foutre des vies
Ignorer les siècles
Et bâtir l’irréel

Comme une lame
Sur l’écorce
Comme nos sangs
Sur la terre.

MioModus.(Le cahier gris)

Rédigé le 23/07/2010 dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3)

Ton héritage

Si tu aimes les soirs de pluie 1198264194
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l'Italie
Et les pas des passants
L'éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie, mon enfant

Si tu aimes les éclaircies

Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l'étang
Si tu veux tes amis
Près de toi, tout le temps

Si tu pries quand la nuit tombe

Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps

Si tu aimes la marée basse

Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l'on perd souvent ta trace
Dès qu'arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe, mon enfant

Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans

Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D'une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l'orage

Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide, mon enfant

Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l'autre s'éveille
Avant qu'il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l'automne vermeil
Merveille, rouge sang

Si tu as peur de la foule
Mais supportes les gens
Si tes idéaux s'écroulent
Le soir de tes vingt ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n'es qu'une pierre qui roule
Roule, mon enfant

Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans


Benjamin Biolay. (La superbe)

Rédigé le 01/06/2010 dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (6)

La plage

Sur la plage Malaisie
Sans fin
Une femme
Que les vagues découvrent
Puis recouvrent sans fin
Sur la plage

Sur le sable
Si fin
Une femme
Que le sable retient
Puis glisse entre ses mains
Sur la plage de sable fin

Sur la plage
Ce matin
Une femme
Que les marins retrouvent
Et sortent des embruns
Sur la plage de sable fin

Bastien Lallemant. (Le verger)

Rédigé le 21/05/2010 dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (2)

Une autre rive, un autre rêve

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Belle issue du temps...

Rédigé le 21/05/2010 dans Photo | Lien permanent | Commentaires (6)

Fini de rire

J'enlève toutes mes peintures de guerres Peur de l'ombre
Et mes chaussures bien trop longues
J'enlève mes habits de lumière
Pour retourner dans l'ombre

J'enlève tout ce qui bouge
Et je quitterai ce fantôme
Caché sous mon nez rouge
Et mes cheveux jaunes


Oh mon amour, j'ai peur de l'ombre


Car plus personne ne veut rire

Ils ont tous la peur de mourir
Nos cœurs sont ivres de colères
Faits de cendre et de poussière

Je n'entends plus que des rires

Au loin dans mon sommeil
Au loin dans mes souvenirs
Comme des nuages en plein ciel

Je regarde le monde

Chercher un sens à la vie
Autant chercher un nombre
Dans l'infini

Oh mon amour, j'ai peur de l'ombre.


Thomas Boulard. (Luke - D'autre part)

Photo - Lumière au pays de l'or noir.


Rédigé le 20/05/2010 dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (3)

Coucher avec elle

Coucher avec elle 07
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l'ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude

Coucher avec elle
Pour l'aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Coucher avec elle
Pour l'amour absolu
Pour le vice, pour le vice
Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle
Pour le naufrage ineffable
Pour se prouver et se prouver vraiment
Que jamais n'a pesé sur l'âme et le corps des amants
Le mensonge d'une tâche originelle

Robert Desnos.

Rédigé le 11/05/2010 dans Poésie érotique | Lien permanent | Commentaires (4)

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